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Les Archers des Mascareignes

QUESTIONS & REPONSES


  • Quelle est l’utilité de la chasse à l’arc ?

  

  • Quel est l’effet d’une lame de chasse ?

  

  • Est-on à même de pouvoir réguler efficacement un territoire avec un arc ?

  

  • Je suis Réunionnais et je souhaiterais chasser à l'arc. Quelles sont les préparations et démarches à faire pour pouvoir vivre cette passion correctement et en toute légalité?

  

  • Peut-on chasser à l'arc et à l'arme à feu ensemble sur un même territoire au même moment ? La mixité est-elle possible ?

  

  • Qu'est-ce qui différencie un chasseur à l'arc d'un chasseur à l'arme à feu ?

  

  • Quel type d’arc est le plus adapté à la chasse ?

  

  • L'arc comme l'arme de choix du braconnier ?

  


Quelle est l’utilité de la chasse à l’arc ?


La chasse à l'arc, compte tenu de ses particularités de pratique, peut à la fois jouer un rôle complémentaire aux autres modes de chasse, apportant des solutions à des problèmes spécifiques dans le cadre de la gestion de la vie sauvage, ainsi que remplir des fonctions éducatives, récréatives, socio-économiques, esthétiques et même thérapeutiques.

L'arc peut être employé pour réguler les populations d’espèces ou contribuer à la maîtrise d'espèces classées nuisibles dans des endroits ou lieux où l'utilisation d'une arme à feu pourrait s'avérer inappropriée, voir dangereuse. L'absence de bruit et la portée limitée de la flèche sont des avantages qui favorisent l’utilisation de l’arc dans des zones périurbaines ou même urbaines. Dans la même logique, pour certaines zones de territoires de chasse inadéquates à l'utilisation d'armes à feu, poster un chasseur à l'arc sur une coulée peut constituer une réponse de choix.

La chasse à l’arc est une activité offrant des expériences de vie très profondes, qui favorise et même nécessite le développement de ses connaissances des animaux chassés, de leurs habitudes, de leur biotope et de la nature en générale.

La chasse à l’arc a sa propre histoire. Son étude et sa pratique contribuent à la compréhension des traditions et du patrimoine culturel.

Sa pratique peut être vue comme une forme d’art et apporter des sensations profondément satisfaisantes permettant de se délasser et de s’écarter des éléments stressants et étouffants de la vie moderne. De plus, le tir à l’arc est aussi une activité sportive qui peut être pratiquée toute l’année et en famille.

Les chasseurs à l’arc consacrent souvent un budget considérable aux voyages de chasse et contribuent ainsi au développement du tourisme et de l’économie où la chasse à l’arc est autorisée.


Quel est l’effet d’une lame de chasse ?


La lame de chasse tue par l'hémorragie qu'elle engendre et son efficacité est fonction de l'importance de celle-ci. L'hémorragie causée par une lame affûtée est bien plus intense que celle causé par une balle, qui tue par onde de choc.

L'hémorragie provoque un manque d'oxygène dans le cerveau provoquant ainsi d'abord l'évanouissement et ensuite la mort de l'animal. Si la lame de chasse touche un centre nerveux (cerveau, colonne vertébrale,…), la mort est instantanée.

Le but est donc de pénétrer le plus profondément possible le corps de l'animal, pour atteindre des organes vitaux avec une forte densité de vaisseaux sanguins comme le cœur, les poumons et le foie, de couper ces organes et de produire une hémorragie importante.

Pour ce faire, apart le fait que la flèche doit avoir une énergie cinétique suffisante, les lames de la pointe de chasse doivent être assez solides pour pouvoir traverser les côtes ou des os, être bien affûtées comme des rasoirs et leur largeur de coupe doit être suffisante pour couper un maximum de vaisseaux sanguins.

Or une lame bien aiguisée altère peu les cellules et produit peu de stress. Il y a donc peu de formation de fibrine, d'adrénaline et de clou hémostatique ou de spasme vasculaire.

Si vous vous êtes déjà coupé avec un couteau bien affûté, vous vous rappelez peut-être avoir senti une douleur qu'après avoir vu le sang. Les cuisiniers savent en témoigner.

Une flèche adaptée peut donc correctement tuer tout gibier, même les animaux africains les plus résistants.

Dans le cas malheureux d'une flèche de venaison, ou d'une atteinte superficielle, la lame de chasse n'engendre pas de zone contusionnée, la plaie est nette et propre. L'animal a alors toutes les chances de se remettre totalement de ses blessures par une cicatrisation rapide, hormis bien évidemment les risques engendrés par d'autres facteurs externes comme les risques d'infection ou les conditions atmosphériques. Une flèche avec bilame (à deux tranchants) à l'avantage de laisser une blessure qui cicatrise mieux qu'une blessure laissée par une flèche avec multiple lames (trois tranchants ou plus), qui a l'avantage d'engendrer une hémorragie plus importante si elle est bien placée.

Au titre du gibier européen, nous disposons aujourd'hui de plusieurs études qui le démontrent, provenant de pays où la chasse à l'arc est règlementée. Ces études sont basées sur des fiches de tir collectées sur des saisons cynégétiques complètes.

Une étude faite par la Fédération Française des Chasseurs à l'Arc sur 816 fiches de tir sur grand gibier rentrées et analysées sur la saison 2002/2003, tout type d'arc confondu, nous apprends que la moyenne des distances de fuite du grand gibier ne dépasse pas les 90m.

Une étude danoise sur la chasse à l'arc au chevreuil, fait sur base des 70 fiches de tir recueillies entre le premier octobre 1999 et le 15 janvier 2000 montre que 63 (94%) des chevreuil touchés (67) ont été retrouvés à moins de 100 mètres de l'endroit de l'impact. (L'établissement des fiches de tir sur chevreuil est obligatoire au Danemark et les fiches sont comparées avec les comptes rendus des conducteurs de chiens de sang) 


Est-on à même de pouvoir réguler efficacement un territoire avec un arc ?


A ce jour plusieurs territoires de chasse au grand gibier (en France, en Espagne, aux Etats-Unis et dans de nombreux autres pays) sont gérés avec l'arc comme seul moyen de régulation. Pour tout territoire de chasse au grand gibier, il y est défini un plan de chasse par espèce recensée, fixant le nombre d'animaux devant être prélevés sur une saison. Ce plan de chasse constitue une obligation incontournable pour tout détenteur du droit de chasse d'un territoire donné. Or, malgré les limites connues de la pratique de la chasse à l'arc, les quotas ainsi imposés y sont souvent atteints sans devoir faire recours aux armes à feu.

De plus, étant une chasse silencieuse nécessitant une dissimulation totale dans la nature pour être efficace, la chasse à l’arc à l’avantage d’être un mode de chasse qui dérange peu la vie sauvage.

Néanmoins, tout chasseur à l'arc devra en général au préalable passer son permis de chasse prévoyant la connaissance et l'utilisation d’une arme à feu. Tout chasseur conscient des responsabilités qui lui incombent à ce sujet, saura choisir les moyens adéquats pour réguler efficacement son territoire. En cas de nécessité, un chasseur à l'arc devra aussi dès lors pouvoir employer l'arme à feu ou faire appel à des collègues pour le faire.


Je suis Réunionnais et je souhaiterais chasser à l'arc.

Quelles sont les préparations et démarches à faire pour pouvoir vivre cette passion correctement et en toute légalité?


La chasse à l'arc est désormais autorisée dans plusieurs pays européens, américains et africains. Chaque pays a ses propres réglementations en la matière et des conditions particulières y sont souvent d'application pour les étrangers. Il y a donc lieu de bien se renseigner au préalable auprès des instances locales compétentes en matière de chasse. 

Le site de la EBA (European Bowhunting Association http://europeanbowhunting.org/) est un bon départ pour entamer ses recherches sur les possibilités de chasse à l’arc en Europe.


En complément d'une formation générale, la chasse à l'arc, comme tout autre mode de chasse, demande une formation spécifique et un entraînement adapté. L'association des chasseurs à l'arc de la Réunion (ASCARUN) proposent une formation spécifique à la chasse à l'arc et des entraînements adaptés, il y a lieu de s'adresser à un club de Tir à l'Arc pour un entraînement adapté pour la chasse à l'Arc. (Plus d’information sur un club : Voir rubrique, sites d'entraînement 3D. Nord et Ouest) 


La chasse à l'arc étant autorisée en France depuis 1995. (voir Arrêt du 18 Aout 2008 relatif à la chasse à l'arc en France)

En France, la plupart des associations de chasseurs à l'arc (voir site de la FFCA) organisent annuellement des formations dites " obligatoires " accessibles aux détenteurs du permis de chasse français et délivrent les attestations prévues par la législation française. Avec cette attestation, accompagné du permis de chasse français et une preuve d'assurance, on peut chasser à l'arc en France.


Dans certains pays il ne faut pas de permis pour chasser et dans d’autres pays la chasse à l'arc sans permis est tolérée sur des grands terrains privés, souvent clôturés. Cela n'a bien sur que très peu à voir avec la chasse en terrain ouvert, mais peut apporter une solution alternative pour certains.


Peut-on chasser à l'arc et à l'arme à feu ensemble sur un même territoire au même moment ? La mixité est-elle possible ?


La réponse est oui, sans aucun doute. Sur une expérience de pratique effective en France de plus de 10 ans, les témoignages ne manquent pas. L'arc a su à la fois s'intégrer sans heurt avec l'arme à feu, mais a aussi trouvé sa propre place et son propre rôle.

A ce titre, un sondage récent posté sur un forum français de chasseurs à l'arc regroupant plus de 600 inscrits à ce jour, montre que près de 70% d'entre eux pratique la chasse à l’arc en parfaite mixité avec les chasseurs à l'arme à feu, et ce dans les différentes méthodes de chasse.


Qu'est-ce qui différencie un chasseur à l'arc d'un chasseur à l'arme à feu ?


Rien, si ce n'est bien sûr les caractéristiques de l'arme et du projectile utilisés :

Comparé à une balle, la flèche est un projectile avec une énergie cinétique faible et une courbe prononcée.

Elle a une portée effective d’environs 20 mètres, tandis que la balle est effective bien au-delà des 100 mètres.

La flèche de chasse a comme but de couper un maximum de vaisseaux sanguins et de provoquer une hémorragie importante, tandis que la balle a comme but de créer une onde de choc et de transmettre un maximum d’énergie dans le corps du gibier.

Mais nous savons aussi que quelque soit justement cette arme, l'acte de tir ne représente que bien peu dans l'acte de chasse vu dans sa globalité.


Quel type d’arc est le plus adapté à la chasse ?


Même si de prime abord, un néophyte pourrait être amené à penser qu'un arc compound (arc à poulies) soit plus efficace pour la chasse qu'un arc dit traditionnel, dans la réalité il n'en est rien.

Quelque soit le type d'arc envisagé (longbow, recurve ou compound), tant qu’il restitue suffisamment d’énergie à la flèche en fonction du gibier chassé, qu’il soit correctement maîtrisé par l'archer et à condition que celui ci respecte sa distance effective maximale, chacun de ces différents modèles s'avère avoir des avantages spécifiques et une efficacité similaire en termes d'arme de chasse.

Il est vrai que l’arc compound a le grand avantage d’être plus facile à maîtriser, du fait de la démultiplication de sa force en pleine allonge, et permet d’atteindre une distance effective légèrement plus grande. (Les statistiques montrent que la distance de tir moyenne tourne autour des 18 mètres avec les arcs compound et autour des 15 mètres avec les arcs « traditionnels »). Un arc compound permet également de l’armer au moment où le gibier est le moins attentif et de rester en pleine allonge plus longtemps en attendant la meilleure opportunité de tir.

Les arcs « traditionnels » sont plus légers et maniables sur le terrain et moins sujet aux manquements techniques du fait de leur simplicité. Ces arcs s’apprêtent aussi mieux au tir instinctif, bien adapté à certains procédés de chasse.

Ils ont incontestablement aussi une plus grande valeur esthétique.

Cette question de choix est finalement surtout affaire de législation, de culture et d'affinité personnelle de l'archer.


L'arc comme l'arme de choix du braconnier ?


On pourrait penser ou même avoir entendu que, par le fait de l'absence de bruit, l'arc constitue l'arme de choix du braconnier.

Sachant que la distance de tir efficace d’un arc est très courte (en moyenne entre 20 et 25 mètres) et connaissant les difficultés pour approcher rapidement un gibier à cette distance, peut-on raisonnablement penser que l'arc soit de fait l'arme de choix de prédilection d'un braconnier ? Il faut également savoir que les statistiques montrent qu’un chasseur utilisant un arc pour récolter un animal doit consacrer 5 à 10 fois plus de temps sur le terrain qu’un chasseur utilisant une arme à feu. Un braconnier utilisant un arc devrait donc prendre beaucoup plus de risques d’être contrôlé utilisant un moyen dont le rendement est très limité.

De plus, l’utilisation d’un arc demande un entraînement régulier, un caractéristique qui ne correspond en général pas au profil d’un criminel.

La question de savoir s'il est réellement possible de pouvoir utiliser un arc assis dans un véhicule est aussi une réflexion comme nous pouvons en énumérer plusieurs. Mais est-ce encore réellement nécessaire de le contredire pour convaincre que le braconnier a aujourd'hui des moyens bien plus appropriés à ses desseins que l'arc ?

Les services de notre administration chargés du contrôle et de la répression du braconnage ont-ils seulement déjà eu à constater des flagrants délits de braconnage par des personnes munies d'un arc ?

Enfin, sachant que lors de saisies de matériels utilisés par des braconniers, des armes à feu similaires à celles utilisées dans l'acte chasse ont été trouvées, serait-ce une raison valable pour interdire la chasse avec ce type d'armes sous prétexte de réduire ainsi les risques de braconnage ?


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